Alchemilla vulgaris

Comment faire connaissance avec une plante ? Par la douceur de son hydrolat, grâce à une salade de printemps, dans le dessin d’une flore botanique, à la surface d’un savon artisanal ou mieux, devant soi. Je savais nommer celle rencontrée sur un versant montagneux à 1800 m l’été dernier, mais je ne savais rien de ce qu’elle est en vrai. Pied de lion, Manteau de Notre-Dame, Patte de lapin, Alchemilla vulgaris revêt cet autre surnom populaire : Porte-rosée.

Privilégiant l’humidité des ruisseaux et l’ombre des prairies au-dessus de 700 m, l’alchémille est une vivace à rhizomes épais, aux feuilles semi-circulaires, à la tige ferme. Plante couronnée du titre d’herbe magique, elle s’admire de préférence de près, accroupi et après l’aube. Là où se rejoignent ses nervures centrales organisées en étoile, en ce point d’intersection, surgit après chaque nuit, une goutte éclatante, mélange d’eau et de sève pour certains, exsudat pour d’autres.

Concentrée de vertus, cette unique perle transparente fut longtemps dit-on, l’alliée des alchimistes, qui la récoltaient en la recouvrant de draps blancs, pour servir leurs transmutations. Au lieu d’alchimistes, mon chemin ne croisait que celui des marmottes, mais de la nuit qui suivait, je pus extraire, l’essence de ce qu’elle est.

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