
Journal
Bienvenue en mon âme d’amoureuse du vivant.
De la création aux plantes
Ces dix dernières années, j’ai eu besoin de revenir à l’essentiel : la terre. En elle, je puise une énergie vitale et développe une lecture subtile et intuitive du monde. Mon apprentissage infini de l’univers des plantes s’affine avec le temps, et affine le regard que je porte au monde. Bonne lecture.
Respirer en création
Inspir, pause, expir.
La création m’évoque la respiration : inspir, pause, expir.
Mille sources d’inspiration nourrissent mes voies d’expression.
Où qu’elles aillent, chacune parcourt mes sens, en éveil.
Voir :
Mes yeux ouverts copient couleurs, lumières, histoires.
Fermés, ils retiennent l’essentiel, impriment ma mémoire.
Ces images gravées, je peux enfin les toucher.
Toucher :
Si j’explore la peau du sol pieds nus, marchant sous le ciel,
Mes mains elles, deviennent faucilles, pinceaux, ficelles.
Grâce à elles, je me déploie, je joue, j’ose goûter.
Goûter :
Gourmande, la cuisine est mon laboratoire d’expérimentation :
Un savant concert de saveur, de chimie, d’arôme et d’intuition.
Une science et un art de l’éphémère, une symphonie à écouter.
Écouter :
Un jour, une graine se logea dans mon oreille, secrètement.
Je crus perdre l’ouïe, elle qui compose l’espace et le temps.
L’écoute me relie à autrui, les sons aux sensations.
Sentir :
De grandes narines butinent l’air de ces roses, uniques.
Au lieu de pollen, je récolte leur empreinte olfactive, féérique.
Mystérieuses, ces fleurs m’invitent à continuer de collecter.
Chaque sens éveillé participe d’un patrimoine collectif qui,
De créations en créations, élargit et affine nos territoires partagés.
Alchemilla vulgaris
Comment faire connaissance avec une plante ?
Comment faire connaissance avec une plante ? Par la douceur de son hydrolat, grâce à une salade de printemps, dans le dessin d’une flore botanique, à la surface d’un savon artisanal ou mieux, devant soi. Je savais nommer celle rencontrée sur un versant montagneux à 1800 m l’été dernier, mais je ne savais rien de ce qu’elle est en vrai. Pied de lion, Manteau de Notre-Dame, Patte de lapin, Alchemilla vulgaris revêt cet autre surnom populaire : Porte-rosée.
Privilégiant l’humidité des ruisseaux et l’ombre des prairies au-dessus de 700 m, l’alchémille est une vivace à rhizomes épais, aux feuilles semi-circulaires, à la tige ferme. Plante couronnée du titre d’herbe magique, elle s’admire de préférence de près, accroupi et après l’aube. Là où se rejoignent ses nervures centrales organisées en étoile, en ce point d’intersection, surgit après chaque nuit, une goutte éclatante, mélange d’eau et de sève pour certains, exsudat pour d’autres.
Concentrée de vertus, cette unique perle transparente fut longtemps dit-on, l’alliée des alchimistes, qui la récoltaient en la recouvrant de draps blancs, pour servir leurs transmutations. Au lieu d’alchimistes, mon chemin ne croisait que celui des marmottes, mais de la nuit qui suivait, je pus extraire, l’essence de ce qu’elle est.